Vivre en roulotte (hippomobile bien entendu!) implique une gestion du quotidien lié à l’itinérance et celle des chevaux.

Nous vous proposons de découvrir notre façon (évolutive) de gérer la programmation de l’itinéraire, les déplacements et l’entretien des chevaux.

Le convoi et la programmation du parcours

Une roulotte est, par définition, une habitation mobile, sur roues et vouée à circuler sur la voie publique.

D’un format sobre et léger, elle permet d’être tractée par des animaux (des chevaux dans notre cas). Notre convoi est composé de : la roulotte Hippocam’buse (1T350 chargée), la calèche (450kg chargée) et d’une carriole adaptable à un vélo.

 Les chevaux sont donc attelés en paire à l’avant de tout cet équipement. Sur la route, nous faisons 14m de long, 2M85 au plus haut et 1T850 (pour 2T de chevaux).

 

 

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parcours type Openrunner
moissonneuse, roulotte, croisement
pont, tunel roulotte
carte france accueil roulottiers
on pèse la roulotte

Programmation de l’itinéraire

Ceci veut dire que les manœuvres et parcours doivent être étudiés. D’une part, nous devons passer partout (virage en ville, hauteur dans un boviduc, tractabilité en pente comme en côte pour les chevaux.

Afin de programmer un minimum notre itinéraire (2 à 3 étapes à l’avance maximum), nous contactons (courriel puis téléphone) souvent les mairies, fermes et autres structures susceptibles de nous accueillir. Les mairies sont de très bons contacts et trouvent souvent une solution avec plaisir. Nous n’avons jamais essuyé de refus d’accueil.

Pour autant, nous ne savons jamais précisément quand nous arrivons et quand nous repartons.

Nous en profitons pour prévenir les écoles de notre passage et proposer des animations (visite du campement, exposition, conte, initiation musicale, conférence).

Ensuite, nous vérifions l’itinéraire en fonction de la topométrie, de la distance, comme des possibilités de dépassement ou de la fréquentation de la voie.Pour autant, nous sommes légitimes à circuler sur toute voie non réservée aux automobiles uniquement (autoroutes et assimilées) cf article précédent « circuler sur la voie publique ».

Nous pouvons aussi faire appel à l’accueil de particuliers pour certains périodes (saison estivale ou hivernale) quand nous avons besoin d’un terrain plus grand ou d’un endroit arbité (rénovation, réparation ou construction d’une roulotte). Dans ce cas, les réseaux sociaux, notre liste de diffusion ou la carte d’accueil des roulottiers peuvent être utiles (cf article précédent).

Pour ce repérage, nous utilisons quelques outils, le bon sens et la vérification in situ, le cas échéant.

Outils de repérage

Le parcours généré, nous vérifions les pentes et la distance finale. Au delà de 10% de pente (positive ou négative), nous doublons la mesure sur carte topographique, voire nous faisons un repérage à vélo. Quand il nous arrive d’emprunter un chemin forestier, la hauteur de frondaison (hauteur du couvert végétal) est à prendre en compte.

La plupart du temps, le repérage par carte suffit largement.

Openrunner.com pour générer les courbes de niveau et le tracé en altimétrie

 https://www.instantstreetview.com/ pour vérifier l’accessibilité du lieu d’étape et les environs proches.

 https://www.geoportail.gouv.f pour recherche le lieu d’étape par photo satellite, la présence d’eau (carte hydrographique)

Le champs (le minimum étant d’avoir de la nourriture pour les chevaux!) est choisi proche d’une source d’eau (cimetière, église, salle des fêtes, rivière etc).

Equipements et astuces pour le parc

photo porte fil roulant / carriole technique / abreuvoir / rangement arrière roulotte / bidons roulants

Nous avons notre propre clôture électrique (2X400m) et nos piquets (40 dont 1( utilisés quotidiennement pour des arrêts courts) ce qui permet de s’installer dans un lieu ouvert, voire avec d’autres activités autour.

Le nombre de piquet est important pour la période d’estive et d’hivernage quand nous restons longtemps au même endroit. Nous pouvons alors clôturer 1ha5 voire 2ha. D’autres n’auront pas besoin d’autant, s’ils bougent régulièrement ou s’ils s’arrêtent dans des lieux déjà clôturés.

L’électrificateur solaire (troqué sur LBC) est compact et très pratique, sinon, la batterie à changer suffit et tiens bien 3 mois.

Le fil de clôture est enroulé sur un dévidoir en bois et monté sur un axe, fixé sur un tréteau. Le dévidoir reste en place pendant que nous tirons le fil à l’opposé du champs. Il ne reste ensuite plus qu’à écarter de chaque côté pour fixer aux piquets. Pour enrouler, on fait rouler la bobine au sol! Il doit y avoir moyen de faire un outil plus compact mais ça fonctionne nickel.

Parce que nous avons de gros chevaux, nous avons besoin d’un abreuvoir conséquent (150L) si nous ne voulons pas passer nos journées à le remplir (80L par cheval, par jour,  en été et quand ils sont au foin). Il nous sert aussi de rangement pour la route ou de baignoire/frigo pour se rafraîchir en été. Nous utilisons des bidons roulants qui nous permettent d’aller chercher 80L par une seule personne sans difficulté (https://www.ludospace.com/aquaroll-40-litres-gris-c2x30780925) encore une fois, nous sommes tombés sur une super occasion à Emmaus : 10€ les deux!

 

Itinérances et sécurité

Par défaut, en France, toutes les routes sont ouvertes à la circulation hippomobile. Sauf, bien évidemment, les autoroutes, la grande majorité des voies vertes et autres pistes cyclables.Il existerait, dans certaines régions, des routes à roulottes! (Bretagne, Centre?) nous n’en avons pas encore croisé.

Pour le volet législatif, se référer à notre précédent article ICI.

Choix des voies empruntées

La sécurité du convoi étant primordiale, nous préférons souvent partir en heure creuses de circulation, emprunter des voies sur lesquelles il n’est pas trop difficile de nous doubler. Nous évitons les axes qui desserves les carrières et autres laiteries ou coopératives agricoles en période de moissons.

Ceci étant dit, même si la route est à tout le monde, inutile de créer des situations de conflit si on peut les éviter.

Temps de parcours

Nos chevaux étant pieds nus, nous limitons la distance (et donc le temps) de déplacement à, plus ou moins, 10km soit 2h00 de route en moyenne. Il est tout à fait possible de faire beaucoup plus par temps clément (pas trop chaud par exemple) et en s’équipant différemment (chevaux ferrés ou hipposandales). La durée de 2h00 est, pour nous, un bon compromis. Cela permet notamment de retrouver facilement une étape à partir de la précédente, le bouche à oreille fonctionnant mieux à courte distance.

Le pliage du campement prend, en moyenne, 1 heure. Le temps de tout refixer, ranger etc. Il nous est arrivé de le faire en 15 minutes (un peu poussé à vrai dire).
Les déplacements : organisation

Une fois sur la route, une de nous deux mène, l’autre est à pied sur la route pour faire ralentir, gérer les carrefours ou intervenir sur les chevaux si besoin. Le gilet jaune est de mise, tout autant que le gyrophare à l’arrière.

Sur petites voiries communales, un des chiens -équipé d’un gilet jaune-, ouvre la voie à une 100ène de mètres. Nous préférons ne pas les attacher et les éduquer (pas facile mais ça se fait!) pour qu’ils ne subissent pas une faute de menage ou un accident d’attelage.

Les talkie walkies nous permettent de communiquer sans nous égosiller (les chevaux non ferrés font moins de bruit mais tout de même).

A chaque carrefour, le groom prévient le meneur des conditions de visibilité, se met en tête des chevaux si l’arrêt doit se prolonger (feux rouge, circulation dense à traverser etc).

Le menage ça déménage!

et ça fatigue aussi. Parfois, le groom glane d’autres fruits sur la route (pommes, noix, mûres) voire du bois pour le chauffage du soir. Nous prévoyons toujours des fruits secs, biscuits et autres collations ainsi que de l’eau.
Florian ouvre la voie

Les chevaux

A l’arrivée, les chevaux sont dételés (détachés de leur attelage), dégarnis (libéré de leur bride, collier et harnais), pansés (nous vérifions les pieds au départ comme à l’arrivée).

En cas de fraîcheur de fin de journée ou en hiver, nous utilisons une couverture séchante pour passer du temps d’effort physique à celui de la pause.

Nous mettons en place un pré variant de 800m2 (gros chevaux!) à 1hectare et demi suivant la saison et le temps de pause (pendant que les chevaux sont à l’attache) puis allons chercher de l’eau. Un pierre de sel est à disposition.

Il est toujours intéressant d’inclure un arbre (solide!) pour que les chevaux se grattent; ils adorent ça!

Nous apprenons à reconnaître une prairie riche d’une pauvre et nous repérons la plupart des plantes toxiques ou à ne donner qu’en très petite quantité. Les haies et autres feuilles d’arbres peuvent être de bons compléments (article « les arbres fourragers » à venir). Les chevaux habitués au nomadisme conservent un très bons sens d’herboriste, ils savent! Il faut cependant être plus vigilant sur la qualité du foin, les herbes n’étant plus détectables.

Une heure après l’effort, au moins, nous leur donnons une petite ration d’avoine ou d’orge aplatie (en récompense et un petit plus pour le lendemain).

à l’arrivée dans le pré, on se roule!