La mobilité du troupeau, comme mode de vie, répond à la problématique de la non propriété.

Un cheval nomade a une nourriture plus variée, il travaille aussi.

L’herbe suffit à maintenir en état nos cofoins. Il faut aussi prendre en considération le surplus d’effort que la traction lourde implique.

C’est alors que le complément alimentaire est à envisager.

Nous verrons rapidement le système digestif du cheval, son régime alimentaire, les plantes toxiques, le parasitisme et la gestion des périodes de sédentarisation (hivernage par exemple).

Dans d’autres articles, nous avions abordé la gestion des chevaux sur la route (clôtures, matériel, soins etc).

Le cheval, un herbivore

Non, le cheval ne mange ni pain, ni viennoiserie, ni bonbon, ni… enfin rien d’autre que des végétaux! Nous en parlons beaucoup, sensibilisons les gens au fait que le cheval ne vomi pas et qu’il peut s’étouffer avec du pain mou laissé au sol dans le pré. Nous apposons l’affiche « ne pas nourrir les chevaux » à chaque étape.

Le cheval, tout comme l’âne, est un herbivore. il mange 15 à 16h par jour par de multiples petits repas.

Son système digestif doit fonctionne par stimulation continue (marche +consommation). l’estomac traite de 20 à 30 litres et rejette continuellement son contenu vers l’intestin grêle puis le caecum et le gros intestins. Il ne fonctionne pas par contraction mais par « poussage ».

Sa morphologie est adaptée à manger au sol, avec un apport d’eau régulier et de bonne qualité.

Un cheval qui ne mange plus constitue un signe d’alerte vétérinaire grave (ulcère, colique etc);

Il mâche longtemps et avale les bouchées humectées par la salive abondante. Il ne régurgite pas comme les ruminents et profite donc assez peu de son bol alimentaire. Il ne peut d’ailleurs pas vomir! (cf précautions plus loin).

Un cheval de trait peu manger l’équivalent de 13kg de foin par jour (40 à 50kg d’herbe fraîche) – 8 à 9 UFC (unité fourragère cheval).

Le cheval est nomade, par nature. Il peu parcourir 30 à 40km chaque jour pour se nourrir. il a besoin de fibres, de bouger et d’eau.

 

Les dents, à surveiller de près!

Les dents poussent continuellement et se renouvellent donc. Le plateau dentaire doit être vérifié régulièrement (au moins une fois par an) pour s’assurer que les dents sont plates et broient bien les aliments. Un cheval qui maigrit ou fait des boulettes d’herbe dans ses joues peu avoir des problèmes de dents.


 

source IFCE.

 

Herbe, foin, plantes médicinales plantes toxiques

Il consommera des herbes et plantes, feuilles vertes, matière sèche (paille par exemple).

Un cheval nomade doit savoir reconnaître les plantes. Il sait aussi choisir la plantes qui le soignera à un moment particulier. Un cheval en box, sevré très tôt, n’ayant pas connu le troupeau aura progressivement oublié voire perdu cet instinct (transmis par la mère et les congénères).

Veuillez donc, tout particulièrement, à leur approche des plantes inconnues, apprenez à reconnaître ces plantes.

En règle générale, un changement de pâture régulier, des déplacements ou exercices complémentaires (parcelle petite par exemple) et une observation quotidienne suffirons à prévenir la plupart des situations d’ennui ou de stress alimentaire (facteur de grignotage intempestif de plantes toxiques).

La variété fait aussi la qualité. Changer de pâture équilibre la faune intestinale, régule l’humeur et participe à un bon rapport avec ses compagnons de route.

A noter que c’est aussi un bon moyen d’éviter le parasitage.

On évitera, tant que possible, de partager des prairies surpaturée (moins de quelques cm d’herbe, présence de crottins nombreux et frais).

Le suivi du parasitisme peu se faire avec des produits de suivi (extraits de plantes, ail etc) voire, à la saison, avec une pâte vétérinaire vermifuge.

il est délicat de faire des copro (prélèvements de crottin frais directement dans l’anus et analyse du taux de parasitisme pour adapter le traitement).

Si un traitement chimique s’avère nécessaire, changer de pâture au bout de 48 heures (autoparasitisme).

On prévoira une cure de désintoxication (rein, foie etc) sous forme de plantes pour aider à éliminer les toxines libérées par les parasites agressés par le vermifuge. Exemple de cure.

 

Qualité de l’herbe / foin

foin hivernage

 

Oscar surveille Zorba depuis son piédestal de foin

Du fait du nomadisme, nos chevaux sont rarement en carence, ils équilibrent leur apport sur la route. En même temps, on pourrait difficilement être délicats…

On veillera cependant à prévoir une bonne pâture à chaque étape pour, à la fois, rassurer notre compagnon de route, et lui donner envie d’aller à la prochaine pâture. Une diversité de plantes et toujours positive. Les arbres fourragers peuvent aussi être utiles.

Quelques exemples de plantes médicinales :

L’ortie (Urtica dioica)

Le plantain (Plantago spp)

L’achillée millefeuille (Achillea millefolium)

Le pissenlit (Taraxacum officinalis)

Arbres fourragers et médicinaux

Le saule

Le tilleul

frêne (sauf ses fruits)

noisetier

d’autres arbres peuvent être consommés avec parcimonie (chêne y compris)

pour aller plus loin : LIEN

Toxicité

en dehors d’un foin pourri (doit sentir le caramel et avoir un aspect plutôt vert que brun), certaines plantes et arbustes sont à éviter, d’autres à proscrire complètement (risque d’intoxication, voire de mort).

Rappelons nous cependant que nous ne pouvons pas tout contrôler. En règle générale, si un cheval a, à sa disposition, de l’herbe de qualité en quantité, il n’ira que très peu tenter de manger autre chose. On peut aussi clôturer à distance des haies bordant la parcelle, d’ouvrir des bandes de pâture tous les jours (parcelle d’accueil agrandie de 4m tous les jours).

 

 source contre-galop.com

Potentiellement mortel

Absinthe, Arnica, Tabac, Anémone, Belladone, buis, if, gland de chênes, ciguë, colchique, cytise (acacia des jardins), datura, digitale, Ellébores, ergot de seigle, Euphorbes, Ficaire, Genêt à balai, Fougère Grand Aigle, Jusquiame Noire, Ivraie, Laurier cerise et Laurier rose, Millepertuis, Morelle noire, Prêle, Porcelle Enracinée, Renoncule, Rhododendron, Rue de Chèvre, Robinier (faux acacia), Sabine, Séneçon de Jacob, Semen-Contra, Thuya, Vérâtre Blanc, Vesce.

A faible toxicité

cf pdf du RESPE en lien pour un récapitulatif en image à imprimer.

Faînes de Hêtre (fruit en forme de bogue épineuse, type châtaigne), Gesse et Trèfle des Foins, Nielle des Champs, Tanaisie

Notons que les céréales (blé, épeautre, seigle) ne sont pas toxiques en soit mais ne sont ni assimilées, ni bénéfiques.

Seuls l’avoine, l’orge, voire le maïs sont consommables et intéressants pour le cheval.

comportement à tenir en cas de suspicion d’intoxication (cheval qui bave, a un comportement neurologique anormal, ne mange plus etc)

1) Ne jamais s’affoler au vu des symptômes plus ou moins alarmants. Les noter, prendre un échantillon de la plante ou du fourrage suspect.
2) Avertir le vétérinaire.
3) Avoir en réserve les contrepoisons habituels : café, tanin, sulfate de soude, alcool, sucre (à administrer seulement dans le cas où le vétérinaire ne peut intervenir ).
4) Avoir une flore pour étudier et reconnaître ce qui pousse là où vivent vos chevaux.
5) Dans un second temps, faites-le marcher si c’est possible mais ne le laissez pas se rouler ou se coucher. Puis, si vous en avez la possibilité, prenez la température ainsi que le rythme cardiaque de votre cheval pour rendre encore plus rapide l’action du vétérinaire.
source : le-site-cheval.com

Pour aller plus loin : LIEN ou LIEN2

Les chevaux iront naturellement en consommer s’ils en ont besoin.

https://equipedia.ifce.fr/elevage-et-entretien/alimentation/nutrition-et-ration/bien-nourrir-mon-cheval